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Actualité de l'auteur et de sa collection aux éditions Dualpha, ayant vocation à exhumer des textes toujours d'actualité. Thèmes abordés : Magie,illusionnisme, prestidigitation, ésotérisme. Pour tous contacts avec la rédaction de ce blog, pour poser vos questions, et pour être averti de nos nouvelles mises en ligne : refletsdupasse@gmail.com Attention tous les textes mis en ligne sur ce blog sont soumis au Droit d'Auteur.

jeudi 29 mars 2012

HOUDINI, Harry, Erich Weiss, dit (1874-1926).


Texte emprunté au Tour du Monde de la Magie et des illusionnistes (747 notices sur la magie), éditions Dualpha © Richard Raczynski.
Magicien américain qui choisit son nom de scène en hommage à Robert-Houdin.
Fils de Cecilia Steiner Weiss et de Mayer Samuel Weiss (Rabbin, enterré au cimetière Machpelah dans le Queens).
Il suit une scolarité primaire à l’école d’Appleton dans l’état du Wisconsin.
Dans sa jeunesse et son adolescence, il collectionne les médailles d’athlétisme (une photographie datée de 1890 le représente exhibant ses trophées).
Membre (aux côtés de son épouse et assistante Bess, née Wilhelmina Béatrice Rahner d’une famille d’immigrés catholiques allemands, 1876-1943) du Welsh Brothers Circus en 1896 (année de son mariage). Ensemble ils résident à New York, au 278 West-113 Street.
Il exerce de multiples « petits boulots », dont celui de vendeur de journaux à Milwaukkee.
Si le début de sa carrière se confine dans un registre classique de cartomane, il donne une orientation très spectaculaire à ses prestations, en se proclamant le « Roi de l’évasion ».
Dès 1895 il se présente comme « The Expert Handcuff Manipulator », se jouant de tous les mécanismes de menottes.
Dès lors, il multiplie les défis, faisant rentrer la magie et l’illusion dans l’ère de la communication et de la publicité.
Il devient incontournable dans l’art de l’évasion, synonyme en magie d’escapologie (du verbe anglais escape : s’échapper).
Sur la genèse de cette technique, on évoque quelquefois un énigmatique et hypothétique artiste gitan (sur lequel les éléments matériels font objectivement défaut) qui, sous le pseudonyme de Danny Boswell, aurait été l’élément déclencheur de l’escapologie vers 1800.
Houdini maîtrise son image à la perfection par des apparitions marquantes : il se joue de ses chaînes en se jetant du pont Harvad à Boston en avril 1908, il s’échappe d’une camisole de force, en public devant la foule, maintenu dans le vide par un câble à Times Square en 1915, puis devant la civette de A. Schulte (New York), performance rééditée à Washington en janvier 1922.
En 1914 il s’échappe d’une caisse immergée et cadenassée.
Dans cette volonté de marquer les esprits (et d’écarter les éventuels rivaux), Houdini s’en remet sans cesse, au sensationnel, à l’image de son incroyable numéro d’évasion (totalement inédit) à bord d’un biplan à Melbourne (Australie) en 1910.
Ces prestations sont filmées et diffusées par les médias, mais surtout par Houdini Picture Corporation, qui véhicule l’image à des fins commerciales.
Houdini, dans la gestuelle occulte nécessaire à l’accomplissement d’une évasion, pratique une forme d’acrobatie appelée Stunt.
Dans son registre de l’évasion, il connaît et inspire de nombreux imitateurs : Torrini, Excello, Randi (Jay Disbrow, né en 1926), Seymour Chwast (né en 1931).
Ce show Man hors pair s’avère être un stratège de l’image publicitaire, convoquant les journalistes avant chaque nouvelle prestation, faisant de la presse son allié incontournable.
De 1906 à 1908, il se lance dans la publication de la revue magique Monthly Magazine.
Il fut aussi, durant une courte période, le propriétaire du célèbre magasin de magie new-yorkais « Martinka Magical Palace ».
Houdini, au sommet de sa gloire voulu rendre visite à la veuve de Robert-Houdin. Il fit porter sa carte de visite et se vit essuyer le refus policé d’une dame qui n’en avait jamais entendu parler.
Finalement, l’entrevue se déroula, générant un fossé d’incompréhension et une grande confusion de part et d’autre, Houdini s’exprimant peu ou pas en français.
Son ouvrage publié en 1908, The Unmasking of Robert-Houdin (Robert-Houdin démasqué) égratigne la réputation magique de Robert-Houdin.
Faut-il y voir une conséquence de son hommage manqué ?
Il se produit pour la dernière fois à Montréal en 1926, avant de disparaître rapidement des suites d'une péritonite mal soignée. La cause exacte serait l’appendice percé après avoir été victime d’un coup porté à l’estomac, générant une péritonite. Houdini l’invincible avait pris l’habitude de désigner à chaque représentation, une personne dans le public pour lui asséner un violent coup de poing dans le ventre. L’ultime exercice se fit par surprise lors d’un coup (ou de deux) porté par l’un des trois étudiants venus le visiter dans sa loge du Princess Theater à Montréal, avant même qu'il ne puisse bander ses abdominaux.
Sur cette mort violente, une demande d’exhumation récente (23 mars 2007) relança une partie des fantasmes liés à sa disparition : 81 ans après sa mort, le roi de l’évasion allait-il sortir de sa dernière demeure à la demande de ses descendants, ultime facétie post-mortem de l’un des magiciens les plus médiatiques, ou manipulation malsaine à des fins mercantiles ?
Une rumeur accréditant la thèse d’une disparition par empoisonnement semble être à la base de cette volonté exprimée par un membre de sa famille.
Une demande d’autopsie faite à la Justice, dans le souci d’écarter toute hypothèse d’assassinat, semble faire suite à l’ouvrage de William Kalush et de Larry Sloman, The Secret Life of Houdini, relançant la théorie d’un complot ourdi par les spiritualistes, scénario s’écrivant au conditionnel.
La cérémonie des obsèques de Houdini permet d’éclairer son appartenance à la franc-maçonnerie (voir notice).
Son portrait est aujourd’hui exposé dans le bâtiment de la Grande Loge de New York (23e rue) sous lequel une mention précise : « Fils d’un Rabbin, Harry Houdini deviendra le magicien le plus fameux au monde. Sa spécialité était l’évasion. Il fut reçu Maître maçon dans la ville de New York, dans la Loge St. Cecile n °568, le 21 août 1923 ».
Houdini se produisit dans le Temple de la Grande Loge (au Rite Ecossais Ancien et Accepté) devant 4000 francs-maçons.
Il fut initié Apprenti le 17 juillet, et passé Compagnon le 31 juillet 1923, Shriner, au temple de la Meca peu de temps avant sa mort, en octobre 1926.
Les obsèques d’Harry Houdini (le 4 novembre 1926) à Detroit se déroulèrent sous l’égide des rabbins B.A Tintner (Janowitz), et Bernard Drachman (pour l’hommage posthume).
Des éloges collégiaux furent prononcés par Loney Haskell de la Guilde du théâtre juif (directeur du Arthur Hammerstein’s Victoria Theater de Brodway, N-Y) et par Henry Chesterfield, président des Artistes du Vaudeville National, et par la Society of American Magicians. L’inhumation se fit rituellement (au sens maçonnique).
Auteur de :
The Right Way to Do Wrong, 1906.
Handcuff Secrets, 1907.
The Unmasking of Robert-Houdin, 1908.
Magical Rope Ties and Escapes, 1920.
Miracle Mongers and their Methods, 1920.
Houdini's Paper Magic, 1921.
A Magician Among the Spirits, 1924.
Under the Pyramids en collaboration avec Howard Phillips Lovecraft, 1924.
Bibliographie :
The Orpheum Circuit News, 14 novembre 1915.
Conjurers’ Monthly Magazine, 15 septembre 1916, 15 mai 1917, 15 mai 1908, 15 juillet 1908.
(Anna Marcet) Marcet Haldeman-Julius, An interview with Harry Houdini : That Great Mystifier, that brilliant detector of frauds, that relentless debunker, in Haldeman-Julius Monthly octobre 1925.
Jewish Daily Forward, 1er novembre 1926.
Keith’s Theatre News, janvier 1926.
The New York Times, 3 Novembre, 1926, p. 23, 4e Colonne, Services at Elks Club by Jewish Theatrical Guild, N. V. A., Masons and Magicians.
In L’Escamoteur, sous la direction de Robelly, années 1947 à 1951, pp. 344, 1404, 1736, 1754, 1864.
How Houdini Died, in Magic Cauldron Magazine, Octobre 1965.
Rex Conklin, Houdini’s Last Performance, in Magic Cauldron Magazine, Décembre 1965
Walter Graham, Houdini’s Red Magic Section in Magic Cauldron Magazine, Mars 1969.
Beryl Williams Epstein, Sam Epstein, The Geat Houdini : Magician Extraordinary, 1973.
Henry Jefferson Moulton, Houdini’s history of magic in Boston, 1792-1915, a facsimile of the original manuscript, Meyerbooks, 1983.
William Kalush et Larry Sloman, The Secret Life of Houdini, 2006.
Brooke Kamin Rapaport, Houdini, Art and Magic, avec les contributions de Alan Brinkley, Gabriel de Guzman, Hasia R. Diner, Kenneth Silverman, The Jewish Museum, New York, Yale University Press, New Haven et Londres, 2010.
Filmographie :
Houdini, le Maître du Mystère de J.Petithuguenin, 1919.
Backstage, 1919.
Houdini le grand Magicien, de George Marshall, 1954, avec Tony Curtis, Janet Leigh, Torin Thatcher.

mercredi 28 mars 2012

DE SARAK. Alberto Sartini-Sgaluppi, dit


Notice extraite avec l'autorisation de l'auteur Richard Raczynski de son ouvrage : un tour du monde de la magie et des illusionnistes, éditions Dualpha, 2011.
Mage, illusionniste, magnétiseur.
D’origine italienne, il revêt au fil de son séjour parisien (et selon ses interlocuteurs) plusieurs identités : Docteur Comte Albert de Sarak, Commandeur Sartini Chevalier d’Albert, Chevalier Sartini de Rosarno, Comte de Das, Magnétiseur Sartini, Comte Alberto de Sarak.
Il ajoute à ce florilège nobiliaire des titres « exotiques » directement issus de l’imaginaire occultiste et littéraire : Inspecteur Général du Suprême Conseil ésotérique de l’Orient, Grand Apôtre, Premier Initié de l’Inde, Messager de la lumière.
Robert Tocquet revient largement sur son évocation, celle d’un pseudo fakir, mais surtout d’un véritable charlatan, qui connu ses heures de gloire dans le Paris de l’illusionnisme en 1885, à la croisée d’un ésotérisme mondain.
Ses expériences « psychiques » relevaient uniquement du répertoire de la prestidigitation : La création du feu, La germination magique, L’éclosion instantanée de poissons.
Caroly (1868-1955, voir notice) dévoila ses trucs dans l’Illusionniste (Journal des prestidigitateurs amateurs et professionnels).
Il quitte la capitale pour réapparaître à l’étranger sous divers pseudonymes : en 1891 à Barcelone sous le nom de Alberto Das, en 1892, à Bruxelles, comte de Das, en 1895 à Buenos Aires et en 1900 au Venezuela, magnétiseur Sartini.
Bibliographie :
Félix Alcan, Annales des sciences psychiques, Vol. 20, Société Universelle d’Etudes Psychiques, 1910.
Robert Tocquet, la Revue Métapsychique, Vol.15, n°3, 11-23, 1981.
Max Dif, Histoire illustrée de la prestidigitation, Éditeur Maloine, p.284, 1986.
Geraldo E .Dallegrave, Reencarnaçao (in Préface d’Oscar Gonzalez-Quevedo), éditions Loyola, 1975.
Hilary Evans, Dictionary of Unusual People.

dimanche 25 mars 2012

LES ANIMAUX


Notice extraite d'un Tour du monde de la Magie et des Illusionnistes, de Richard Raczynski :
ANIMAUX
Le titre de Roi des Ménétriers ou Roi des Violons semble remonter au XIVe siècle : à 1338 avec Robert Cavexon, Roy des ménestrels du Royaume de France.
Celui-ci régnait sur des ménestrels (ou ménestriers) qui comptaient dans leurs rangs de nombreux escamoteurs.
Parmi eux, des propriétaires d’animaux sauvages (incluant des singes), remerciant par des tours l’hospitalité des seigneurs, donnant naissance à l’expression « payer en monnaie de singe ».
En 1645, l’histoire de la scène théâtrale européenne connaît un tournant avec La Finta Pazza (La Folle supposée) comédie de ballets italiens présentée au Petit Bourbon, à Paris sur l’invitation du Cardinal Mazarin (Giulio Mazarini, 1602-1661) en provenance de Venise où le spectacle fut initialement monté en 1641.
Lors de cette représentation, les machineries de scène font leur entrée en France.
Dans les ballets burlesques, des animaux (perroquets, ours, autruches, singes) partagent la vedette avec les danseurs et une troupe d’Indiens.
Le théâtre Au Marais se spécialisera par la suite dans ce style de spectacles avec La Toison d'or de Corneille qui s’inscrit dans cette veine et Psyché spectacle dû à Molière (1622-1673), Corneille (1606-1684), Philippe Quinault (1635-1688), Jean-Baptiste Lully (1632-1687) et à l’architecte italien Gaspare Vigarini (1588-1663) pour les machines.
Ces merveilles feront écrire à l’envoyé de la Cour de Savoie : « (…) Mais pour la dernière scène, c'est bien la chose la plus étonnante qui se puisse voir, car l’on voit tout en un instant paraître plus de trois cents personnes suspendues ou dans les nuages ».
Machinerie et animaux ne resteront pas l’apanage unique du théâtre et des forains.
Déjà dans l’univers de la magie (vers 1600) les bateleurs présentaient pour agrémenter leurs tours, des chats dressés.
Si la domestication semble historiquement (et à ce jour) remonter entre 100 000 et 150 000 ans, elle provient directement de l’apparition du chien (distinctement séparé du loup) s’associant dès lors aux groupes humains non sédentarisés, avec pour point culminant la relation engendrée par l’ascendant formel de l'homme. (Le chien qui exécute rapidement des numéros in Tractaetlein mit Hundedressurkunststucken, 1730).
Une autre explication historique, relative aux réglementations se rattache à l’arrivée des animaux sur scène : elle remonte en France au début du XVIIIe siècle, fruit d’une riposte des artistes forains. En 1701 alors qu’il n’existe que deux théâtres officiels l’Opéra et La Comédie-Française, le roi applique la censure contrôlant toutes les productions.
Consciente d’une concurrence potentielle, La Comédie-Française stigmatise les artistes forains, obtenant du roi « l’interdiction des pièces dialoguées ».
Pour contrer ce jugement, les artistes itinérants se montrent inventifs en changeant de registres, ils proposent : le monologue, le mime, puis décident de s’adresser exclusivement à un interlocuteur situé (fictivement) derrière un rideau et non plus directement à un parterre de spectateurs.
Enfin, ultime stratagème, les animaux entrent en scène, devenant l’auditoire (factice) des comédiens.
En 1719, les spectacles de foire jugés encore trop concurrentiels par cette même Comédie-Française sont désormais totalement proscrits.
L’interdiction ne s’étend pas aux programmes de marionnettes, de danse et de magie, ni à ceux des animaux, devenus bien involontairement des artistes à part entière.
Deux magiciens innovent sans que l’on puisse clairement les départager chronologiquement : Louis Comte (1 7 8 3 - 1 8 5 9) et John Henry Anderson (1812 -1874) (voir notices) probables précurseurs du lapin blanc extrait du chapeau noir (in Cyclopedia of Magic, 1949).
Si les oiseaux puis les lapins se rattachent intuitivement à l’univers de la prestidigitation, le bestiaire semble plus fourni : en 1785 William Banks présente un cheval dressé « Morocco » à Londres, suivi par Samuel Bisset qui propose « un cochon du savoir » capable de retrouver (en la retournant avec son grouin) une carte pensée par un spectateur.
Les canards dont on inverse les têtes dans les tours du XIXe laisseront rapidement leurs places à des animaux plus respectables. On songe à Albert Marchinski (1876-1930, voir notice) Le Grand Ramsès, avec « son oie sous hypnose » vecteur d’un numéro de mentalisme, voire au caniche dressé (et poli) de Nicholas Hoare en 1817 : Munito surnommé « Le Isaac Newton de sa race ».
Une faculté de mimétisme étudiée et mise en exergue par Émile de Tarade, persuadé des aptitudes intellectuelles des canins dans son Éducation du chien, (Paris 1866) : « (…) Il existe dans un grand nombre d'animaux une faculté différente de l'intelligence, c’est celle qu’on nomme instinct. Elle leur fait produire certaines actions ».
L’apport de la magie au cirque (et inversement) permettra de mettre en scène des artistes domptant les animaux autrement qu’avec les fouets habituels, à l’instar de la princesse Delwarr (vers 1910) capable de soumettre les lions à sa force mentale.
Une journée des collectionneurs du Magic Circle de Londres proposa de nombreuses sérigraphies
dans une exposition intitulée « Un sage de la scène » détournant l’habituelle « bête en cage », évocatrice des animaux savants : ces animaux capables de lire l’heure, d’écrire, d’effectuer des opérations arithmétiques et même d’exécuter des tours : cartes à jouer, mentalisme…
Sur le magnétisme animal, sujet quelquefois connexe, signalons parmi les nombreuses recherches, les travaux du baron Etienne Felix d’Hénin-Liétard de Cuvelier (né en 1755) publiés en 1820.
Le professeur Robert Tocquet (1898-1993, voir notice) signa cinq ouvrages ayant trait à la prestidigitation sous le pseudonyme de Professeur Don Roberto, dont l’étude Les animaux calculateurs et leurs secrets, comment les éduquer. Il revient notamment sur le cheval Hans de Berlin, les chevaux d’Elberfeld, le chien Rolf de Mannheim, Lola chienne mélomane, le chien Zou de Paris. Au sommaire : « Comment calculent les animaux prodiges : Médiumnisme et écriture automatique, la Télépathie, les aptitudes intellectuelles, les mouvements inconscients et le dressage ».
Bibliographie :
Ernest Menault, L’intelligence des animaux, 1872.
Pierre Abraham, Roland Desné, Manuel d'histoire littéraire de la France, des origines à 1600,
1965.
Philip Butterworth, Magic on the Early English Stage, Cambridge UP, 2005.
Journée des collectionneurs du Magic Circle de Londres, juin 2009.
Catalogue exposition Tron Theatre, Glasgow, août 2009.

samedi 17 décembre 2011

DEAN, Henry (1788-1849) & HOCUS POCUS.


(Notice extraite d’un Tour du Monde de la Magie et des Illusionnistes).
Le tout premier ouvrage (publié en langue anglaise) relatif à la magie Hocus Pocus Junior : The Anatomie of Legerdemain (publié à Londres en 1634) consacre historiquement « un nouvel art » du spectacle. Treize éditions vont se succéder.
Sur l’ensemble de ces parutions, le bibliophile Raymond Stoot Toole (1910-1982, voir notice) en recense trente et une, dont trois dans des collections privées. Si en matière de bibliophilie et de magie, la rareté est avérée, l’ensemble des collectionneurs actuels semble s’accorder sur l’auteur Henry Dean et sur son texte : The Whole Art of Legerdemain, or Hocus Pocus in Perfection, édité à Londres en 1772 (qui semble s’être inspiré de l’œuvre de Reginald Scot, The Discoverie of Witchcraft, 1584).
De nombreuses controverses se rattachent à l’évocation de ce personnage.
Pour les uns, Dean semble avoir prêté ou vendu son nom, pour signer une vingtaine de livres consacrés à la magie. Pour d’autres, il s’agirait d’un marchand de trucs, à l’occasion magicien de scène. Une troisième hypothèse en ferait un éditeur, un imprimeur, voire un personnage introduit dans le sérail des professionnels du livre.
Pas moins de huit éditeurs anglais vont se partager les différentes éditions relativement identiques, hormis des rajouts en première de couverture, jusqu’en 1800.
Sur ces multiples « additions and Amendments » stipulés par exemple, dans l’édition de 1783, un critique qui signe ses notices sous le pseudonyme de Metacom (in Notes and Queries, seconde série, Vol. VIII, 1859) s’interroge déjà : « (…) Je suis désireux de savoir s’il s’agit d’un travail différent ou de l’édition précédente de la même œuvre. Peut-être certains de vos correspondants détenteurs de la première édition seraient assez aimables pour me faire savoir si la référence ci-dessus se trouve dans cette édition. Rien de connu sur l’auteur (…) ».
Deux éditeurs irlandais se rajoutent à cette liste, pendant qu’une édition américaine (en 1795) vient parachever la diffusion en langue anglaise.
Pour les historiens de la magie anglo-saxonne, il existe déjà un tirage antérieur à 1790 (piraté pour utiliser un terme contemporain).
Il semble établi que des éditeurs, dont l’Ecossais Robert Anderson à Glasgow en 1886, se soient livrés à des reprints, là où d’autres se contenteront de plagier anonymement tout ou partie du contenu, destiné à des ouvrages sur la magie « apocryphes » vendus par colportage ou chez les forains.
Les différentes éditions entre 1722 et 1886 (répertoriées incomplètes pour certaines) établissent le classement suivant :
1722 (L. Hawes and Co. and S. Crowder, and R. Ware and Co.),
1748 ( sans nom, sans lieu),
1750 (Bow-Church Yard),
1755 (London : Printed for J. Hodges),
1756 (Printed for A. Bettsworth, and C. Hitch, and R. Ware, and J. Osborn, and J. Hodges), 1760 (s.n, s.l),
1763 (Londres, L.Hawe and Co., S. Crowder, R.Ware and Co.),
1772 (L. Hawes and Co. and S. Crowder, and R. Ware and Co.),
1781 (London : printed for J. Bew),
1783 (J. & M. Robertson),
1789 ( s.n, s.l),
1790 (Printed and sold by T. Sabine),
1795 (Philadelphia, Mathew Carey),
1797 (J. & M. Robertson),
1800 (London, Printed and sold by Sabine and Son),
1817 (Sold by Munroe and Francis),
1827 ( s.n, s.l),
1844 (Belfast),
1886 (Robert Anderson, reprint de l’édition de 1797).
Auteur de :
The Whole Art of Legerdemain, Hocus Pocus in Perfection (1790 à Londres, Sabine & Son) ouvrage répertorié par Toole-Stott (in A bibliography of English conjuring, 1581-1876, p. 217).
Bibliographie :
Simon During, Modern Enchantments : The Cultural Power of Secular Magic, 2002.
Article de David D. Meyer, Editor of Magicol (Journal of the Magic Collectors’Association),
Hocus Pocus, The Perfection of the Whole Art of Legerdemain.
Sources :
Consultation de l’ouvrage (édition de 1795) numérisé sur Internet :
http://www.scribd.com/doc/30754534/Dean-Hocus-Pocus-Or-the-Whole-Art-of-Legerdemain-in-Perfection-1795
Ressources sur Internet :
http://www.themagiccafe.com/forums/viewtopic.php?topic=421385&forum=135
http://www.conjuringlibrary.net/ts/Toole2DStottlist.asp?start=176

samedi 19 novembre 2011

CAGLIOSTRO et ALTELAS


Jean Félix Baylot (1897-1976, in Cagliostro, Le Rite de Misraïm*), considère que Cagliostro « n’est pas un simple imposteur » voire un « exploiteur imaginatif des crédules », relativisant quelque peu son approche en précisant « c’est tout autre chose qu’un escroc ».
Il développe ensuite le registre du thaumaturge, du guérisseur relevant l’emprunt « d’épisodes magiques » dans ses rituels dits égyptiens.
La terminologie recouvrant le terme de « magie » pose question, puisque Jean Baylot énumère à titre d’exemple « (…) Les visions de la colombe » ou « Du pupille adolescent fille ou garçon censés découvrir des scènes surnaturelles dans l’eau d’une carafe ».
Pour tenter de démêler l’aspect toujours sublimé du merveilleux de la vérité historique, il conviendrait de replacer avec exactitude les évènements relatés et d’établir s’ils rentrent dans un cérémonial maçonnique précis.
Ici, peut-on établir un lien entre magie et l’illusionnisme ?
Dans son parcours magique, Cagliostro fait remonter sa science à un enseignement magique clairement ésotérique. Son discours s’articule autour d’un héritage, lié à un personnage probablement légendaire : (Les lignes qui suivent sont extraites d’Un Tour du Monde de la Magie et des Illusionnistes) : Altolas, le sage grec ou l’espagnol Althathas.
Magicien mythique, probablement aventurier qui croisa (il faudrait pour être dans l’exacte vérité historique rédiger cette entrée au conditionnel) la route du jeune Cagliostro (voir notice) en Italie à Messine et qui fut certainement son initiateur à la pratique des escamoteurs, et plus généralement aux secrets de la prestidigitation.
Ils firent vraisemblablement un voyage en forme de tournée en Orient.
Pour Cagliostro, ce maître semble aussi du domaine spirituel, puisqu’il contribua à lui faire connaître les langues orientales, à l’ouvrir sur les religions et à découvrir les richesses passées de l’Egypte et de l’Asie Mineure.
Il dépeint dans ses mémoires un alchimiste (Thot Al As) « Maître Althostas » devenu au fil des souvenirs, un initié ayant reçu (dans les souterrains de Memphis) l’initiation des prêtres aux mystères de la Haute Egypte : Celle enseignée par des prêtres illusionnistes capables de produire des sons (ventriloquie et système acoustique) mais aussi d’animer le monde des morts à travers une série de trucages.
Cette version permettant à Cagliostro d’asseoir une transmission initiatique dans une franc-maçonnerie en partie inédite qu’il développera plus tard, en Europe.
Les légendaires Arcana Arcanorum (forme de dépôt spiritualiste et hermétique) pourraient s’inscrire depuis l’évocation légendaire du maître Althostas.
Althostas devenant de fait, par l’instrumentalisation de Cagliostro, un personnage de fiction : au théâtre, on retrouvera son évocation et sa présence dans Sept merveilles du monde : Grande féerie en vingt tableaux dont un prologue d’Adolphe d’Ennery et Eugène Grangé (en 1853) et dans Joseph Balsamo. Son parcours et sa place se limitent à l’univers romanesque, les preuves matérielles sur son existence avérée faisant objectivement défaut.
Son évocation pourrait objectivement se confondre avec une autre figure mythique de la magie « alchimiste » : Alcofribas.
Sur le fameux Rite Egyptien de Cagliostro, il semblerait qu’il fut structuré à Lyon, une ville où la maçonnerie spiritualiste tenait une place prépondérante.
Pourtant Jean-Baptiste Willermoz cynique, confie après une rencontre lyonnaise, qualifiée de houleuse avec Cagliostro : « Je crois que c’est un homme qui n’a point de connaissances positives ou qu'il n’en a que de dangereuses. »
Dans la magie, au sens de l’illusionnisme moderne, Cagliostro passait pour un spirite, voire un médium. Il exploitait en partie les nouveautés de l’époque (apport du magnétisme, lanterne magique) mêlées à des techniques empiriques comme celle de l’escamotage classique.
Une de ses routines la plus relatée, consistait à faire apparaître dans l’eau d’un vase qui se troublait à distance, des figures aléatoires que son assistante (voyante) décryptait. Le thaumaturge secondait sa partenaire en invoquant les esprits via des paroles kabbalistiques.
Robert-Houdin en ayant recours au sceau de Cagliostro dans l’exécution d’un tour, rapporte que l’empreinte de l’original provient de Torrini (1760-1829, voir notice) qui professionnellement connaissait bien Cagliostro (in Confidence d’un prestidigitateur, p. 92).
Dans La Revue Encyclopédique, (Vol. 37, p. 854, 1828), Cagliostro est associé à la ventriloquie : « (…) L’art du ventriloque, la Faculté réduite en véritable science d’imiter tous les sons, tous les bruits, toutes les voix et leurs nuances innombrables, le talent de changer instantanément l’expression de son visage, et de prendre successivement et sans effort les caractères de figures les plus disparates, ne sont pas des choses absolument nouvelles en France.
Décremps, célèbre prestidigitateur du dernier siècle, avant lui Cornus et Pinelli, et le fameux Cagliostro lui-même, ont été des ventriloques plus ou moins adroits qui s’aidaient de toutes les merveilles de la physique et de la chimie pour séduire les spectateurs et les amuser ou les tromper ».
Si l’on consulte la définition du mot « Magie » dans le Dictionnaire Universel des Sciences, des Lettres et des Arts (1857), Marie Nicolas Bouillet replace à juste titre, Cagliostro, dans le corpus de la prestidigitation : « (…) Au XVIIIe siècle, il n’y a plus d'autre magie que celle des Cagliostro, des Cornus, remplacée de nos jours par les Comte, Bosco, Robert-Houdin, et autres prestidigitateurs non moins habiles. On doit croire que les hommes qui se disaient magiciens réussissaient à produire quelques effets extraordinaires. Mais ce n’était que par des moyens naturels, soit à la faveur de connaissances empruntées à la physique, à la chimie, à la pharmacie, et cachées au vulgaire, soit avec le secours de breuvages on de philtres, qui, agissant sur le cerveau, disposaient les esprits à toutes sortes d'illusions et d’hallucinations ».
Le magicien Joseffy (1873-1946, voir notice) ne s’embarrasse guère de préjugés lorsqu’il propose au public vers 1905 à Chicago, la relique du crâne du célèbre Cagliostro (rien de moins !) dont les claquements de la mâchoire s’interprètent par un « oui » ou un « non » dans un numéro de nécromancie que reprendra à son compte en 1920 Aloïs Kassner (1888-1970, voir notice).
Sur la magie (au sens de l’illusionnisme) :
Citons l’ouvrage anonyme Cagliostro démasqué a Varsovie, ou Relation Authentique de ses Opérations Alchimiques et Magiques faites dans cette Capitale en 1780, par un Témoin Oculaire.
Ouvrage repris par Jean-Jacques Tatin-Gourier dans son Cagliostro et l’affaire du collier, pamphlets et polémiques, qui contient une Relation de quelques opérations prétendues magiques, qui entre dans le cadre du présent ouvrage.
Curieusement, l’abbé Fiard dans les Lettres philosophiques sur la magie, de la France trompée par les magiciens et démonolâtres du dix-huitième siècle, place Cagliostro, Mesmer, Saint-Germain, dans la catégorie des sorciers, aux côtés d’escamoteurs réputés à l’image de Roberston et d’Olivier (voir notices).
Notons ironiquement, en 1865 (in Œuvres complètes de Claudien, Garnier frères, Paris, 1865), la parution d’un ouvrage intitulé : Cagliostro, le grand interprète des songes, signé par « Le dernier de ses descendants » qui omet de dévoiler son identité civile !
En 1878 une revue suisse de magie et prestidigitation est publiée sous le nom : Le Cagliostro.
De nombreux tours de prestidigitation reprennent le nom de Cagliostro.
Cette évocation se trouvant ainsi liée de fait, à de nombreux magiciens contemporains flirtant avec un rappel propre à l’occultisme du XVIIIe siècle.
*( Conférence inédite communiquée à l’auteur par l’historien Francis Delon donnée dans la Loge Confiance n°25, premier Atelier parisien pratiquant le Rite Emulation en langue française à la Grande Loge Nationale Française, le 25 janvier 1961).
Bibliographie sur Altelas :
Friedrich Bulau, Personnages énigmatiques, histoires mystérieuses, évènements peu ou mal connus, 1861.
Claire Eliane Engel, L’Ordre de Malte en Méditerranée, (1530-1798), 1957.
Alexandre Dumas, Joseph Balsamo (Premier volume de la série Mémoires d’un médecin, Le Collier de la Reine, Ange Pitou et La Comtesse de Charny), 1846-1849.
Bibliographie sur Cagliostro (par ordre chronologique) :
Mémoire sur Joseph Balsamo, par son oncle Anlonino Bracroneri, acte de baptême de Joseph Balsamo, fils de Pierre Balsamo et de Felicie Bracroneri (en italien).
(In Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790. Seine-et-Oise, Archives civiles. Série E, (E 1308), rédigé par G. Desjardins et M. Bertrandy-Lacabane).
Compendio della vita, e delle gesta di Giuseppe Balsamo denominato il Conte Cagliostro, che si è estratto dal processo contro di lui formato in Roma l’anno 1790 e che puo servire di scorta per conoscere l’indole della setta de Liberi Muratori (Abrégé de la vie et des exploits de Joseph Balsamo, comte de Cagliostro...), Rome, 1791 (Référence Bibliotheca Esoterica n° 842).
Thomas Carlyle, The life of Joseph Balsamo commonly called Count Cagliostro, Londres, 1791.
Henri d’Alméras, La Franc-Maçonnerie et l’Occultisme au XVIIIe siècle d’après des documents inédits, Société Française d’Imprimerie, Paris, 1904.
W. R. H. Trowbridge, Cagliostro, the splendour and misery of a Master of magic, W. R. H. Trowbridge, New York, 1910.
Pericle Maruzzi, Il Vangelo di Cagliostro il Gran Copto, Atanor, Todi, 1914.
Constantin Photiades, Les vies du Comte de Cagliostro, 1932.
In L’Escamoteur, sous la direction de Robelly, années 1947 à 1951, pp. 1113, 1129, 1152, 1230, 1264, 1431, 1583.
Michael Harrison, Count Cagliostro, nature’s unfurtunate child, 1946.
Wilfrid-René Chetteoui, Cagliostro et Catherine II, Éditions des Champs-Élysées, Paris, 1947.
François Ribadeau Dumas, Cagliostro, Éditions Arthaud, 1966.
In Le Grand Albert, Cagliostro et l'élixir de longue vie, n°14 décembre 1972.
In Le Grand Albert, Techniques secrètes de Joseph Balsamo, n°17 mars 1973.
Philippe Brunet, Cagliostro, une biographie, Éditions François Bourin, 1992.
Constantin Photiades, Count Cagliostro, An authentic story of a Mysterious life, biography & autobiogaphy, Kessinger Publishing, 2003.
Philippa Faulks, Robert L.D Cooper, The Masonic Magician : The Life and Death of Count Cagliostro and His Egyptian Rite.
Cagliostro, Drame en trois actes. Manuscrit du XIXe siècle s-d, 87 pp, collection particulière.
Phillipa Falks, Robert Cooper, Masonic Magician, 2010.
Marc Haven, Le Maitre inconnu Cagliostro (1913), réédition Dualpha, Paris, 2010.
Filmographie :
Cagliostro, Aventurier, Chimiste et Magicien, de Camille de Morlhon et Gaston Velle, 1910.
Kaliostro (Russie), de Wladyslaw Starewicz, 1918.
Cagliostro, de Richard Oswald, 1928.
Cagliostro (Black Magic), de Gregory Ratoff, 1949.
Cagliostro, de Daniele Pettinari, 1974.

vendredi 11 novembre 2011

GOLDSTON, Wolf Goldstein, dit Will (1877-1948)


GOLDSTON, Wolf Goldstein, dit Will (1877-1948).
(Notice in Un tour du monde de la magie et des illusionnistes)
Magicien, entrepreneur de spectacle, inventeur et vendeur de trucs anglais.
Né le 18 septembre 1877 à Varsovie, d’une famille juive, il émigre au Royaume-Uni.
En 1905, son entreprise est intégrée au sein du grand magasin londonien Gamage, où il est en charge du département des ventes jusqu'en 1914.
Il élabore les catalogues Gamage et Gamagic.
Il est responsable de la revue annuelle The Magician de 1907 à 1912.
Il édite le mensuel The Demon Telegraph, organe de The Magazine of Magic (Grenham Street à Londres).
Il rejoint The Magic Circle (depuis sa fondation en 1905, jusqu’en 1907).
En 1911, il est l’initiateur de The Magician's Club de Londres (situé 2 Grays Inn Road London, Western Central) dont il confie la présidence à Harry Houdini (1874-1926, voir notice).
En 1920 il est reçu membre honoraire de la Society of American Magicians.
Écrivain prolixe, il signe une cinquantaine d’ouvrages, s’intéressant aux phénomènes spirites et parapsychologiques.
Il tente de percer la méthode du code Zancig utilisé par le couple de mentalistes Jules et Agnès Zancig (voir notice) dans son livre Sensational Tales of Mystery Men en 1929, La vérité sur les Zancigs.
Il fut l’investigateur des expériences menées par Rudi Schneider (voir notice).
Affecté par la guerre, et le décès de son fils, il s’éloigne peu à peu du monde de la magie.
Il décède à son domicile de Folkestone le 24 février 1948.
Il laisse derrière lui de célèbres publications cadenassées s’ouvrant avec une clef, réservée aux artistes professionnels.
Auteur de :
Exclusive Magical Secrets.
Secrets of Famous Illusionists.
Bibliographie :
The Linking Ring, septembre 1990, Vol. 70, n° 9.
George P. Hansen, Magicians Who Endorsed Psychic Phenomena.

jeudi 12 mai 2011

Le Fakir RACA (1877-1958).


Oublié dans le Tour du Monde de la Magie et des Illusionnistes (impossible de citer tous les artistes !), voici quelques lignes (en forme d’hommage) destinées à réhabiliter une figure incontournable de la prestidigitation équatorienne :
J. Peixoto dans son Boletim Magico Internacional de février 1923 revient sur la carrière du fakir Raca, ou professeur Raca (qu’il désigne sous le nom de Ramon Alberto Cariano Aguirre, alors qu’il s’agit de Ramón Casiano Aguirre Ponce) né en août 1877 à Jipijapa, Manabi en Equateur.
(Région où sont fabriqués les fameux chapeaux « Panamá » ou « Jipijapa » en feuilles tressées de jeunes palmiers).
Il est impressionné dès son plus jeune âge par le célèbre comte Patrizio (Enrique Patrizio, comte de Castiglione). L’histoire ne dit pas si cette inspiration lui venait de l’Italien Ernesto Scagnelli, déjà Comte Patrizio thaumaturge de la fin du XIXe siècle.
Patrizio cité par certains historiens comme un magicien (argentin) aussi brillant et réputé que « Fu Manchu, Nicolay, Fassmann, Faluggi ». (Osvaldo Sosa Cordero, Historia de las variétés en Buenos Aires 1900-1925, 1978).
Raca débute dans le métier encore adolescent, comme artiste de rue, sous le pseudonyme de El Diablo.
À son apogée, il marquera de son empreinte la scène de la grande illusion où ses lévitations (sans cesse perfectionnées) resteront légendaires.
Il voyage de Quito à Buenos Aires en passant par Sao Paulo et gagne l’Europe.
À Paris il reçoit la médaille de la Société des Artistes.
Il se distingue aussi (à l’image de nombreux confrères) par son activité (révélée de son vivant) maçonnique : Grand Maître d’une Confédération Maçonnique Internationale, et 33e au Rite Ecossais Ancien et Accepté, probablement membre de la Grande Loge de Guayaquil antérieure à la Grand Loge de l’Equateur de 1918.
Artiste complet, son répertoire (25 tableaux) s’étoffe au gré de ses spectacles avec l’apport du mentalisme, de la télépathie, de l’hypnose (de cabaret), et du transformisme alors très en vogue.
La presse équatorienne ne tarde pas à en faire son Harry Houdini national.
Il occupe la scène magique sensiblement durant la même période que Paco Miller (Jijon Edmundo Serrano, né en 1908) le célèbre ventriloque, l’homme au « mille voix ».
Il décèdera à Guayaquil (deuxième ville de la République de l'Équateur) en décembre 1958.
Bibliographie
German Artera Vargas, Guayaquil Nostalgico.
Nelson Estupiñán Bass, Este largo camino, 1994.
Pedro Jorge Vera, El asco y la esperanza : y otros relatos, 1997.